Nouvelle étude E-CUBE : Développement de l’agrégation de production renouvelable en France


Pour en savoir plus sur l’étude : Le développement de l’agrégation de production renouvelable en France


Les mécanismes de financement des énergies renouvelables évoluent en Europe. Plusieurs consultations sur le sujet ont été conduites par les institutions de l’Union Européenne et par la DGEC en France. De nouvelles lignes directrices applicables aux aides d’Etat sur l’énergie ont été publiées par l’UE en avril 2014. L’Allemagne, qui possède le premier parc d’énergies renouvelables en Europe, finalise actuellement sa dernière réforme de la loi sur le financement des EnR (EEG 2.0) qui approfondit la loi EEG de 2012.


L’évolution des mécanismes de soutien s’oriente vers un accès direct au marché, complété par une prime, généralement ex-post. Cela nécessite l’apparition d’un tiers : l’agrégateur, lien entre les centrales de production distribuée et le marché. Le terme agrégateur désigne les entreprises qui agrègent la production, l’effacement ou la flexibilité. L’étude se concentrera sur l’agrégation de production.


En France, l’agrégation de la production renouvelable représente un marché potentiel pouvant aller jusqu’à 30 GW soit 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2020. Trois leviers conduiront à cet essor : (i) la sortie des contrats d’obligation d’achat à leur échéance (ces contrats ont une durée de 15 ou 20 ans selon les filières), (ii) la croissance du parc renouvelable, associée à une évolution des règles de financement pour suivre les lignes de l’UE, (iii) une possible incitation à un basculement vers une valorisation marché pour des productions au tarif, à l’image de ce qui a été réalisé en Allemagne. La cogénération et l’effacement, qui nécessitent aussi un agrégateur, ne sont pas inclus dans ce dimensionnement, car leurs caractéristiques sont spécifiques.


L’Allemagne a, de fait, connu une croissance exponentielle du marché de l’agrégation, avec près de 40 GW agrégés sous l’effet d’une modification législative. Suite à la loi EEG de 2012, les installations sous obligation d’achat ont eu la possibilité d’accéder au marché et d’être rémunérées via une prime ex-post. Une prime de gestion a rendu l’accès au marché plus intéressant, et a permis au marché et aux acteurs de l’agrégation de se développer. Ces derniers ont permis de faire rapidement le lien entre les producteurs et le marché.


Le marché de l’agrégation en Allemagne est compétitif avec de l’ordre de 20 acteurs, de tailles hétérogènes. L’électricien d’origine norvégienne Statkraft gère à lui seul presque autant de capacités éoliennes que n’en gère le mécanisme d’obligation d’achat. Les coûts des agrégateurs sont principalement le coût des écarts (entre production réelle et estimée) et les coûts de structure (ex : personnels). Ils sont sujets à des économies d’échelle qui justifient l’existence d’une taille critique ; en conséquence, une consolidation du marché allemand est attendue à court ou moyen terme.


Le marché français pourrait connaître une évolution similaire dans un futur proche. Dans cette optique, il sera important pour les acteurs d’atteindre rapidement un périmètre de gestion au-dessus de la taille critique et de minimiser le coût des écarts, afin de dégager des avantages concurrentiels dans un marché qui pourrait être très compétitif en raison du nombre d’acteurs appelés à s’y intéresser.

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