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Nouvelle étude E-CUBE : Energie et digitalisation



Lien vers la note d’analyse : Energie et digitalisation


Plusieurs facteurs vont contribuer à une forte accélération de la digitalisation et de la massification des données dans le secteur de l’énergie : le déploiement généralisé des compteurs intelligents (multiplication par 10 000 du volume de données de comptage dans le résidentiel), le développement des objets connectés, la réduction du coût des capteurs et de traitement de l’information (divisé par 30 en 10 ans), le développement de la concurrence et l’évolution des attentes consommateurs (Digital Natives, producteur-consommateurs, circuits courts…), l’évolution des fondamentaux du secteur énergétique (multiplication des passerelles multi-énergie, nouveaux besoins et sources de flexibilité tels que l’asservissement de consommation ou le développement des moyens de production diffus).


De façon générale, la digitalisation et la massification des données (Big Data) peuvent se confondre avec des solutions d’informatique décisionnelle (Business Intelligence) ou la dématérialisation de services. Pour autant, derrière l’utilisation parfois abusive de ces mots, plusieurs dynamiques de fonds auront un impact sur l’ensemble de la chaîne de valeur énergie :

  • Au niveau de la fourniture d’énergie et de services : de l’échec d’une « digitalisation low cost », vers un marketing one-to-one – La digitalisation a été longtemps synonyme d’offres web low cost, une stratégie qui montre ses limites aujourd’hui. Elle pourrait se traduire demain par une relation client enrichie et personnalisée, un marketing one-to-one. L’acquisition de clients en ligne devrait prendre un poids croissant ; elle représente déjà plus de 30% des ventes au Royaume-Uni. Les services et communautés en ligne sont amenés à se développer : le modèle MyEnergy de PG&E en est une illustration. Enfin, les outils de détection de la résiliation client (churn) devraient se généraliser. Avec le déploiement des compteurs communicants, les offres devront s’adapter à chaque profil de consommation client (ex : tarification individualisée et disparition des niches tarifaires, option effacement).

  • Au niveau de la distribution d’électricité et de gaz : le Service Public de la Donnée, première étape de la Boucle Locale de l’Energie – Si les distributeurs concentraient historiquement la quasi-totalité des données énergétiques, ce monopole est attaqué. Entre 2005 et aujourd’hui, le développement du sous-comptage et objets connectés a anticipé le déploiement des compteurs communicants. On peut estimer qu’en 2014, le volume de données des Energy Box (effacement) dépasse d’un facteur cent celui des compteurs résidentiels électroniques et électromécaniques. Le déploiement des compteurs intelligents est l’opportunité de reprendre le leadership sur la donnée en structurant pro-activement un Service Public de la Donnée. Cette expertise pourrait être la première pierre d’une Boucle Locale de l’Energie, avide de données.

  • Au niveau de la production ou de l’approvisionnement d’énergie : optimisation et valorisation de la flexibilité des actifs distribués – La digitalisation constitue pour les producteurs une opportunité d’amélioration de la performance opérationnelle. Elle offre aussi une opportunité aux actifs décentralisés (production et effacement) d’exploiter leur potentiel au même titre que les actifs centralisés.

L’impact de la digitalisation sur le secteur énergétique devrait représenter directement ou indirectement plus de 1 Mrd EUR/an à horizon 2020, un chiffre néanmoins confronté à quatre incertitudes majeures qui pourraient repousser cet ordre de grandeur à un horizon post-2020 : la compétitivité des tarifs régulés, le cadrage juridique des enjeux de sécurité et de confidentialité, le rythme de déploiement des compteurs communicants, l’évolution de la régulation énergie.


Crédit photo : Joshua Sortino sur unsplash